Une chasse qui ne finit pas comme prévu

Etienne Legault décembre 06, 2020

Une chasse qui ne finit pas comme prévu - Espace Pekan - École de survie en forêt - Etienne Legault

 

La chasse offre d’incroyables moments en nature. Lorsqu’on abat en fin de journée, le temps d’éviscérer la bête, on sort du bois de nuit… parfois même tard dans la nuit.

J’avais abattu mon cerf au crépuscule et il était prêt pour faire le chemin du retour. Sans 4 roues, nous étions à pied. Le cerf épaulé entre mon cousin et moi sur une bille de bois, le chemin serait dur et long. Nous avons donc décidé de piquer à travers les bois.

Les repères sont différents de nuit, mais nous connaissions relativement bien cette forêt. Après quelques minutes de marche, je commençais à m’interroger sur mes observations. Je croyais que nous serions déjà en train de traverser la clairière, pourtant nous n’en étions apparemment pas encore près. J’ai donc partagé mon observation avec mon cousin qui marchait devant, il était d’accord, nous avions sans doute dévié sur la gauche et avons donc corrigé sur la droite et continué.

Le cerf devient de plus en plus lourd et aucun point de repère habituel en vue, soudainement, il s’arrête et demande de déposer la charge ce qui me fait le plus grand sens, je suis brûlé. Il se tourne vers moi et me pointe, au sol, les viscères jetés de mon chevreuil. J’ai beau être essoufflé, je n’entends même plus ma propre respiration, mon cerveau est sur pause et cherche comment on a bien pu faire un cercle complet sur nous-mêmes et revenir à notre point de départ. J’en ai froid dans le dos quand mon esprit me souffle la réflexion que nous sommes bien chanceux, en fait, d’être tombé sur les viscères. Sans quoi, très peu de points de repère auraient pu servir adéquatement !!!!

Après avoir repris nos forces, nous avons éteint nos lampes un instant pour prendre de nouveaux repères, partager notre compréhension de la situation et nos itinéraires idéaux pour en faire le meilleur, nous reprenons la charge et la marche. De façon bien plus méthodique, la communication est continue. Notre champ d’action est la longueur du faisceau des lampes et les pauses sont bien plus fréquentes. Finalement, nous trouvons la clairière, la tension baisse, les rires reprennent !

Il est primordial de se perdre en forêt pour se rendre compte qu’on y est chez soi !

Comment ça s’est passé pour toi ?

Étienne Legault

 

Leave a comment